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Hervé et Offenbach, les meilleurs rivaux du monde

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On ne peut pas travailler sur Offenbach sans rencontrer Hervé, et vice-versa. Aussi, tout spécialiste d’Offenbach – comme l’auteur de ces lignes – est-il peu ou prou un « spécialiste d’Hervé sans le savoir ». Du reste, c’est dans notre biographie d’Offenbach qu’a été révélé pour la première fois le procès fait à Hervé en 1856 – événement plus ou moins passé sous silence par les biographes successifs du compositeur . Évoquer les relations entre Hervé et Offenbach revient d’emblée à exprimer un constat quelque peu décevant : celles-ci sont en effet à la fois très peu développées et assez mauvaises, les deux musiciens étant avant tout des rivaux. Offenbach a mené une vie sociale intense et on sait qu’il fut avec son épouse l’organisateur de soirées fréquentées par le Tout-Paris. Or, fait notable, Hervé n’a jamais compté au nombre de ses invités. Les deux hommes n’ont jamais entretenu de relations amicales et n’ont été en lien que pour des raisons professionnelles. On n’a pas conservé, du moins à notre connaissance, de lettres adressées de l’un à l’autre, même s’il est à supposer que de telles lettres ont existé. De même, toujours à notre connaissance, Offenbach ne s’est pas exprimé sur Hervé, que ce soit dans sa correspondance ou de façon publique. On peut juste extraire d’un article du Ménestrel publié durant l’été 1869, alors qu’il est à Bade, le propos suivant : 

Offenbach va et marche, distribuant à droite et à gauche les sourires et les poignées de mains, plein d’humour, décochant de ci de là quelque trait à l’adresse de ses rivaux, – j’ai nommé Hervé, – au demeurant le meilleur homme du monde . 

S’il serait exagéré de parler de haine pour qualifier la relation entre les deux hommes, l’expression « rivalité féroce » n’est donc pas excessive, comme va le démontrer le présent article. Pour étudier cette rivalité, nous avons choisi de nous appuyer sur les Notes pour servir à l’histoire de l’opérette rédigées par Hervé en 1881 (après la mort d’Offenbach) à l’intention de Francisque Sarcey, le célèbre critique théâtral du Temps, et publiées par Pascal Blanchet en 2015 dans le volume Hervé par lui-même. Ce texte laisse transparaître beaucoup d’amertume envers Offenbach. Notre propos se centrera sur trois moments-clés : 1855, 1864 et 1878.

Œuvres en lien

Le Joueur de flûte

HERVÉ

/

Jules MOINAUX

1864

La Belle Hélène

Jacques OFFENBACH

/

Henri MEILHAC Ludovic HALÉVY

1864

Orphée aux enfers

Jacques OFFENBACH

/

Hector CRÉMIEUX

1858

Les Chevaliers de la Table ronde

HERVÉ

/

Henri CHIVOT Alfred DURU

1866

Personnes en lien

Compositeur, Organiste, Ténor, Directeur de théâtre

HERVÉ

(1825 - 1892)

Compositeur, Violoncelliste

Jacques OFFENBACH

(1819 - 1880)

Colloques en lien

Permalien

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date de publication : 23/09/25