Aller au contenu principal

Les opérettes d’Hervé au Théâtre de Montpellier (1860-1861)

Catégorie :
Date :

La statistique produit parfois des résultats tranchés, tellement qu’on pourrait les dire impitoyables. Abordée sous l’angle quantitatif, la présence des opérettes d’Hervé au répertoire de l’opéra de Montpellier est exclusivement liée à sa présence dans la troupe pendant la saison 1860-1861. Les deux corollaires de cette vérité mathématique tombent sous le sens. 

Le premier est que l’interprète et le créateur sont indissociables. L’imagination créatrice d’Hervé procède la mise en scène de soi, ce qui distinguera bientôt le petit format – proche des cafés-concerts de la Belle Époque – des ouvrages beaucoup plus ambitieux d’Offenbach. Ces derniers entrent au répertoire, s’y installent durablement et deviennent des piliers de la programmation montpelliéraine avant 1875. Entre 1858 et 1873, des opérettes ont été programmées tous les ans à l’opéra de Montpellier. Celles d’Offenbach le sont depuis 1858 et s’installent dans la programmation : Les Deux Aveugles et Tomb-Al-Cazar sont représentés au minimum une fois, l’une ou l’autre. En 1862-1863, Bataclan entre au répertoire, puis Orphée aux enfers (1863-1864), Le Mariage aux lanternes (1866-1867), La Grande Duchesse de Gérolstein et La Vie parisienne (1867-1868). D’autres auteurs jouissent également de cet accueil fait au genre tels que, en 1865-1866, Les Absents de Ferdinand Poise et l’année suivante, Le Moulin joli d’Alphonse Varney. 

Le deuxième corollaire que ces données statistiques mettent en évidence est le rôle particulier du directeur de la saison 1860-1861, Anatole Alexis Amédée Vadé, à qui revient la responsabilité de programmer une dizaine d’opérettes d’Hervé en l’espace de huit mois. Pendant la saison précédente, il est d’abord régisseur général, puis directeur et, donc, le responsable de la venue non seulement de Joseph Kelm, comparse parisien d’Hervé, mais aussi de Chartain, artiste « chantant la tyrolienne ». C’est lui qui recrute Hervé pour la saison de 1860-1861 pour laquelle il intervient très régulièrement comme successeur de Bellet ; lui, également, qui accorde une place considérable à la personne et à l’œuvre d’Hervé ; et, lui encore, qui compose une troupe dans laquelle les ressources comiques ne manquent guère. Dans un sens, Montpellier doit à Vadé d’avoir fait une rencontre complète avec cet artiste et comme la statistique s’avère impitoyable, quelques questions viennent naturellement à l’esprit. Le public montpelliérain a-t-il aimé Hervé ? Après l’avoir eu, pour ainsi dire, sous la main, pendant toute une saison où le genre de l’opérette n’a jamais été autant représenté, pourquoi ne lui a-t-il pas fait une place semblable à celle dont ont joui d’autres auteurs ?
 

Personnes en lien

Compositeur, Organiste, Ténor, Directeur de théâtre

HERVÉ

(1825 - 1892)

Chanteur, Parolier

Joseph KELM

(1805 - 1882)

Colloques en lien

Permalien

https://www.bruzanemediabase.com/node/71422

date de publication : 23/09/25